Conquérant, il a été comparé à Alexandre et à César. Chef d’État, il a marqué d’une empreinte durable les
villes, les lois, les religions. Souverain, il a possédé quarante-sept palais et allié les siens aux plus grandes familles d’Europe. Le voici prisonnier sur une île de 122 kilomètres carrés au milieu de l’Atlantique. Pour territoire, un plateau nuageux enserré par un cordon de fantassins britanniques. Pour demeure, une maison humide et infestée de rats. Pour Cour une quinzaine de fidèles et de serviteurs désemparés. Voilà le théâtre de son dernier combat. Malgré l’adversité de la précarité, contre les petitesses de l’exil, contre l’oubli, Napoléon, bien que vaincu, remporte à Sainte-Hélène sa dernière victoire, celle de la mémoire.